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PROJET « BONNE GOUVERNANCE »

mardi 1er juillet 2008 par Issa Fakaba SISSOKO

Cela, en droite ligne des objectifs du projet de faire profiter au mieux les groupes cibles pour une large information et sensibilisation autour des questions d’actualité.

« Femmes rurales et démocratie », tel était le thème de la conférence-débats tenue jeudi 27 juin dernier dans la salle de conférence du Carrefour des jeunes de Mahina dans le cercle de Bafoulabé. Organisée par le réseau de communication « Kayira » en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg d’Allemagne dans le cadre du projet « Bonne gouvernance », cette rencontre-débats survient moins de deux mois après celles tenues autour des Accords de partenariat économique (APE), la corruption au Mali et la politique de souveraineté alimentaire dans notre pays.

Pour les participants à la présente conférence, il s’agit véritablement d’une initiative salutaire qui participe à combler un vide énorme et un déficit d’information et de sensibilisation des femmes autour de leur rôle primordial dans la réussite du processus démocratique au Mali. « La démocratie ne peut réussir sans les femmes. Autant leur présence est fondamentale dans la gestion du foyer et de la communauté, autant elles sont indispensables pour l’ancrage de la démocratie » estiment les femmes de cette localité de forte tradition située au cœur de la région de Kayes.

D’entrée de jeu, la conférencière Mme Kadiatou Traoré, conseillère municipale du parti SADI à Koutiala, dira que la démocratie peut se définir comme un mode gestion participative du pouvoir grâce au verdict des urnes. Pour cela explique-t-elle, elle répond à un certain nombre de valeurs fondamentales qui garantit à tous citoyens les droits de bénéficier des libertés individuelles. Ces libertés qui permettent aux femmes, au même titre que les hommes, de participer pleinement aux consultations électorales, sont très souvent foulées au pied du fait non seulement du désintéressement des femmes à s’impliquer dans les activités politiques, mais également du fait de la réticence de certains hommes à accepter celles-ci comme actrices du jeu politique.

Pourtant, à en croire Mme la conférencière, s’il est vrai que les femmes sont des vecteurs essentiels de tout développement, il n’en demeure pas moins que leur place est déterminante dans la réussite du processus démocratique. Pour la conseillère municipale, il est de nos jours inadmissible qu’avec 52% de la population, les femmes soient encore reléguées au second plan des activités politiques. En témoigne leur faible représentativité dans les instances de prise de décisions.

Par exemple au gouvernement, elles ne sont que 7 femmes sur une trentaine de postes ministériels, et à l’Assemblée nationale sur un total de 147 députés, elles n’occupent que 15 sièges. De l’avis de Mme Kadiataou Traoré, le désintéressement des femmes à la chose politique découle principalement, d’une part, des pesanteurs socioculturelles dont la mauvaise interprétation a rependu l’idée selon laquelle la femme doit se consacrer uniquement aux activités ménagères.

D’autre part, explique-t-elle, l’analphabétisme a fait que la majorité des femmes au Mali n’ont pas encore adhéré à l’idée que partir à l’école du blanc n’a absolument rien à voir avec la participation à la vie politique. Elle en veut pour preuve l’élection de Mme Oumou Coulibaly comme député à Niono sur la liste SADI aux dernières élections législatives.

« L’exemple de cette camarade, exploitante à l’Office du Niger, constitue véritablement la preuve qu’un diplômé de l’école française est autant éligible qu’une ménagère à de hauts postes électoraux » a déclaré la conférencière qui a lancé un appel aux femmes de la localité à participer pleinement aux futures élections communales de 2009. « Nous ne devons plus accepter se servir de bétail électoral aux hommes, même si nous sommes complémentaires.

Nous devons revendiquer notre part de participation, mais dans le respect strict des principes fondamentaux du mariage et de l’obéissance pour les hommes » a martelé la conseillère municipale de Koutiala.

Quant au second conférencier, l’Honorable élu SADI de la circonscription électorale de Niono, M. Mamadou Guindo, il n’en dira pas moins.Pour lui, l’une des raisons principales de la faiblesse du taux de participation aux élections est que les femmes s’intéressent peu à la chose politique. Pour l’élu, il est regrettable que les femmes qui constituent la base électorale de tout homme politique, accordent plus d’importance, en période électorale, aux cérémonies de mariages et de baptêmes qu’aux réunions politiques.

« Il est vrai que ces cérémonies constituent des valeurs de nos sociétés, mais la participation des femmes à l’animation du débat est aujourd’hui une nécessité » a expliqué le député de Niono élu sur la même liste électorale que son homologue Oumou Coulibaly.

« Il est incompréhensible que les femmes, qui sont plus nombreuses que les hommes, soient aussi sous-représentées dans les postes politiques. Ceci découle d’un paradoxe et il faut engager la réflexion pour une recherche de solutions durables » estime le député Guindo. Qui a profité de la tribune pour lancer un appel aux femmes de refuser la « marginalisation » et « l’achat de conscience » qui selon lui, ne profite qu’aux seuls acteurs.

Rappelons que la présente conférence-débats s’inscrit dans le cadre de l’exécution d’une des composantes du projet « Bonne gouvernance » initié par le réseau de communication « Kayira » et son partenaire allemand la Fondation Rosa Luxemburg.

D’un coût global de 15 millions de francs CFA, ce nouveau projet, d’une durée d’un an et dont le lancement officiel a eu lieu il y a trois mois, vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance sur la bonne gouvernance et la défense des droits humains dans notre pays, notamment dans les aires d’écoute des stations FM du réseau « Kayira » à Bamako et dans plusieurs autres localités du pays.

Au total 12 thèmes sont inscrits au programme de la série de débats, dont celui sur l’immigration qui s’ouvrira bientôt à Yélimané dans la région de Kayes.


 

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