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Pour l’amour ou pour le but ?

Le mariage au Mali

mercredi 21 mai 2008 par Peter Christman KOUNKE

Dès l’aube des temps, le mariage fut et demeure une étape que tout Homme digne du nom doit franchir avec détermination. Il est si important et si sacré qu’un homme non marié à un certain âge est mal vu et mal apprécié par la communauté.

L’union des deux sexes met toute une foulée de cour en joie (pour ne parler que des conséquences immédiates). Prenons le cas du Mali. S’il y a des constats à faire, nous jetterons bien sûr des fleurs au couple aveugle Amadou et Mariam.

Ils ont su mettre un accent sur le dimanche qui semble répondre au rendez-vous d’un fait social : le mariage.

Prenons un téléphone et appelons un ami ; s’il n’est pas à la maison, il est certainement à une cérémonie de mariage. Sillonnons un peu les rues de Bamako (en particulier), un cortège, des cortèges, présidentiels ?

Non ; des motos qui végètent les tympans des bruits de moteur, des phares allumés, des cris çà et là, toute une mêlée de véhicules bloquent les circulations, dégénèrent l’embouteillage…, juste renseignons-nous pour qu’on parle de mariage. Si régulier qu’à jamais, les faits nous disent tout simplement qu’il s’agit de dimanche et de mariage.

L’homme dans un habit bien dressé et la femme au visage plus ou moins voilé, laissant explorer une beauté sublime…, pour la circonstance. De famille en famille, de quartier en quartier, de ville en ville, le jour de dimanche est si particulier qu’il laisse à tout croire.

Marions-nous d’abord et le reste après.

Dans la tradition malienne en général et particulièrement chez les bambaras, le chef de famille est celui qui cherche le ou la prédestiné(e) de son enfant. Car la mariage n’est pas un acte de consentement mais plutôt un fait de communauté où seules, pensent-ils, les personnes âgées sont mieux placées pour un choix irréfutable.

Très rares sont ceux qui choisissent eux-mêmes leur mari ou femme. De loin ou de près, les liens conjugaux s’établissent très tôt en attendant l’âge d’or pour passer au mariage. Dans certains cas, les deux élus ne se connaissent même pas et ne connaîtront qu’au moment propice, mais sachant bien qu’ils sont déjà prédestinés.

Cette croyance traditionnelle a tiré sa part du gâteau, car presque dans toute relation conjugale, la famille a le premier et le dernier mot.

Les concernés s’adonnent bouche cousue.

Pour un but, les parents s’obstinent à choisir le futur époux (ou la future épouse).

L’union légitime entre homme et femme est célébrée ici compte tenu de certaines relations latentes existantes entre les deux familles, de l’appartenance et d’origine sociales et religieuses. Des fois, des conditions sont imposées de part et d’autre aux mariés et surtout au futur mari. Mais combien de fois n’en avons-nous pas été témoins oculaires des humeurs moroses à la vue des partenaires.

Combien de fois n’avons-nous vu pas des hommes et femmes regrettés le choix et plus loin les actes et comportement au foyer ?

Par amour, non ! Le fait d’accepter l’autre n’est très souvent qu’une manière de plaire aux parents. Et si jamais le consentement est permis (d’une manière ou d’une autre), la relation familiale se détériore et finit par exterminer l’union.

Car l’homme sera contraint de prendre en deuxième ou en troisième noces la fille élue des parents. L’on dirait que l’appétit vient en mangeant ; bien sûr mais il sera préférable de choisir son plat au risque d’une constipation irrémédiable ou d’une double dépense. Les jeunes (garçons et filles) victimes tentent après le mariage de se livrer à d’autres actes. Pour eux le mariage n’est autre qu’une formalité pour plaire et dresser l’image d’un gentilhomme.

Si l’on pouvait entendre et comprendre les battements de cour, si l’on pouvait tout simplement lire les pensées des jeunes à marier, une raison à coup sûr triompherait : Vivre avec celui ou celle de leur propre choix. De nos jours le mariage prend une autre allure. Le choix et l’étude du partenaire avec qui le foyer sera bâti, prennent en écharpe les esprits des jeunes. L’Homme court nuit et jour à la recherche de son second et cette soif d’apaiser relève de tout un chacun et d’un autre car qui peut mieux vouloir faire la volonté si ce n’est que la volonté elle-même.

Et pourtant les maux gangrènent toujours cette visée de l’Homme. Pourquoi ?


 

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