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Pourquoi les femmes sont-elles beaucoup plus touchées par le mal ?

VIH/SIDA AU MALI

mercredi 2 avril 2008 par Markatié Daou

Ceci a eu pour effet la régression du taux de prévalence du VIH/sida au niveau national.

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt quand on sait que les affres du fléau se cristallisent plus sur les femmes. Au Mali, le Sida se féminise. Selon des enquêtes menées par ISB, la féminisation du sida se constate au niveau de certaines catégories de femmes à savoir : les professionnelles de sexe ou prostituées avec un taux de prévalence de 35,5% en 2006 contre 31,9% en 2003 ; les vendeuses ambulantes avec 5,9% en 2006 contre 4,6% en 2003.

Au niveau des aides ménagères autrement appelées « Bonnes », le taux de prévalence a augmenté de 2,2%.

Comme explications à cette féminisation du VIH/sida beaucoup de facteurs entrent en jeu. Pour les femmes mariées et divorcées, les pesanteurs socioéconomiques tels que le régime matrimonial (polygamie, sororat, lévirat), la pression sociale, le faible pouvoir économique des femmes et leur marginalisation y sont pour beaucoup.

En guise d’exemple, sur le plan du régime matrimonial, un homme polygame infecté peut infecter trois (3) voire quatre (4) femmes sans oublier les risques liés à l’accouchement. A cela s’ajoutent les raisons biologiques. Les femmes ont une surface muqueuse exposée pendant les relations sexuelles.

La concentration du VIH est plus forte dans le sperme que dans le fluide vaginal. Autres explications à la féminisation du VIH/sida, des enquêtes montrent que le genre (la discrimination sexuelle) en est une cause. A titre illustratif, lors des relations sexuelles c’est l’homme qui décide du port du préservatif. A cette défaveur s’ajoute le faible poids économique des femmes pour lesquelles le préservatif féminin demeure plus cher et presque introuvable par rapport à celui de l’homme.

Des problèmes liés à son utilisation constituent d’autres contraintes. Plus de 90% des femmes maliennes n’ont pas encore vu le préservatif destiné à elles et savent encore moins l’utiliser. A preuve, lors de la rencontre, Mme la ministre de Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba, avec les Organisations faîtières, tenue le 6 décembre dernier au Centre International de Conférence, toutes les femmes présentes dans la salle ont manifesté la curiosité de voir et de toucher au préservatif pour femme.

Il faut reconnaître que si quelques femmes maliennes savent l’utiliser, force est de reconnaître que son acquisition est une autre paire de manches. Au niveau de l’ONG/AFEM, cette question ne se pose plus car au-delà des campagnes d’explications sur l’usage du préservatif pour femme, les centaines de filles migrantes qui suivent des formations dans ses 72 centres à travers le pays ont toutes les informations nécessaires sur la chose. Dans ces centres de formation, d’information et de sensibilisation, les filles migrantes apprennent tout sur la santé de la reproduction, le dépistage volontaire, l’acquisition des anti-rétroviraux, l’excision, la fistule comme une des conséquences du mariage précoce, et les autres infections sexuellement transmissibles.

Durant cette nouvelle année 2008, l’ONG/AFEM, avec le concours de l’ensemble de ses travailleurs et l’accompagnement de ses partenaires techniques et financiers, travaillera au renforcement de ces acquis pour la promotion des femmes, surtout celles qui sont exclues.


 

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