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Quand la rupture est toujours attendue

BUSH ET SARKOZY

lundi 1er septembre 2008 par Ibrahima KOÏTA

Les deux hommes, des deux côtés de l’Atlantique, comme pour sauvegarder l’héritage de Lafayette, s’estiment entre eux. Ils sont amis des Noirs, ce qui rappelle agréablement que c’est la droite qui, avec De Gaulle, homme de droite, a décolonisé l’Afrique noire et l’Algérie, malgré son hallucination pour l’Empire, tandis qu’un Mitterand socialiste s’y livrait au massacre des populations. Pas étonnant, dès lors, que ce soit De Gaulle qui ait échappé aux balles de l’OAS et que, aux toutes dernières nouvelles, Bush, le Républicain, ait été menacé en même temps qu’Obama, favori aux élections présidentielles américaines.

Des Noirs désignés aux plus hauts postes de l’Etat George Bush a nommé Collin Powell au poste prestigieux de chef de chef de la diplomatie américaine, celui qui avait été occupé par Henry Kissinger et James Baker, au moment des plus fortes tensions de l’après-guerre froide. On sait que dans les pays anglo-saxons seuls les ministres des Affaires étrangères, de la Guerre et des Finances sont des ministres pleins. Collin Powell sera remplacé par Condoleeza Rice, une autre noire bon teint, fervente croyante en plus, probablement de la même église que le Président. Ce sont ces deux-là que Nicolas Sarkozy est allé voir de ses yeux, quand il n’était que ministre français de l’Intérieur, mais déjà avancé dans le projet de briguer la présidence française, comme pour s’assurer que le rêve dit américain était possible pour lui aussi, fils d’immigré.

Il n’hésitera pas, une fois élu, à imiter ce qu’il a vu, à savoir nommer Rama Yade et Rachida Dati au gouvernement, leur confiant surtout des missions de communication gouvernementale de la plus haute importance.

En cela, Sarkozy a effectivement introduit une rupture dans la gestion des affaires publiques, une rupture à l’américaine, fondée sur l’efficacité, la liberté et la foi en l’homme. Nul doute que comme l’Amérique, qui a tendu la perche au Juif, au Noir et au Métèque, Sarkozy veut conduire la France vers la nouvelle révolution qui l’attend, celle des droits de l’émigré, et la sauver du même coup de la déchéance qui la frapperait si elle ne la faisait pas.

Mais l’Islam ne semble pas prévu au programme, ni chez Bush, ni chez son émule du vieux continent.

Anti-islamisme avéré cependant

A commencer par la lutte contre l’excision, autrefois caractérisée par la condamnation en justice des parents des filles ayant subi cette pratique coutumière et religieuse, et aujourd’hui par des campagnes médiatiques revendiquant la respectabilité scientifique. Quant à la polygamie, quoique la Bible ne l’interdise nullement, elle est vouée aux gémonies, frappée d’une stigmatisation telle que les sidéens et les homosexuels, naguère, n’en ont jamais connue. Après la loi Stasi interdisant le port du voile à l’école, une Française (d’origine maghrébine) et mariée à un Français (de souche) musulman vient de se voir refuser la nationalité française par le Conseil d’Etat au motif que son voile était d’un modèle trop rétrograde !

Et cela, au moment où le Pacte Civil de Solidarité (nouveau nom du Code de mariage) permet aux homosexuels de se marier et d’adopter des enfants ! Cette malheureuse négation de la parenté fondamentale Islam-Christianisme porte atteinte à l’image de la France pays d’avant-garde dans le respect des droits de l’Homme et ramène le monde à l’époque de l’hostilité Orient musulman contre Occident chrétien, comme si la guerre contre le communisme, au 20e siècle n’avait pas été menée par les deux religions, même en ordre dispersé !

Avant lui, Bush avait fait preuve d’un anti-islamisme primaire par son invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, par les bombardements aveugles et haineux de civils et aussi par son soutien inconditionnel à l’agresseur sioniste israélien en Palestine. Sarkozy vient de s’engager à ses côtés en Afghanistan, en envoyant des renforts demandés par Bush, en déclarant qu’il faut gagner à tout prix la guerre en Afghanistan, où, selon lui, sévit une ignorance moyenâgeuse.

Quand on sait que l’Afghanistan est le pays musulman où le voile des femmes se présente sous la forme la plus lugubre…

L’Afrique est quelque peu étrangère à cet affrontement séculaire, même si elle se trouve, elle aussi, divisée en deux entre Chrétiens et Musulmans. L’Amérique n’a pas réussi à surmonter le vieux conflit : pas Bush en tout cas.

C’est peut-être pourquoi, prudemment, Hussein Barrack Obama, dont les deux prénoms sont arabo-musulmans, sagement, a renoncé au premier et à l’Islam.


 

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