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Quand les enseignants chargent l’ancien Premier Ministre !

CRISE SCOLAIRE

vendredi 4 avril 2008 par Abdoulaye Diakité

A quelques trois mois de la fin de l’année scolaire 2007-2008, malgré le moratoire demandé par le Premier Ministre Modibo Sidibé, le 18 mars dernier, les enseignants du secondaires regroupés dans une coordination dénommée la CO.S.E.S, n’entendent pas faire d’évaluation sans la satisfaction totale de toutes leurs revendications, notamment le paiement d’une indemnité de logement promise à eux, disent-il, par l’ancien Premier Ministre, Ousmane Issoufi Maïga.Une promesse qui si elle a été faite par ce dernier, constitue aujourd’hui un héritage encombrant pour son successeur.

Le 18 mars dernier, le Premier Ministre, Modibo Sidibé, après avoir rencontré tous les acteurs du monde scolaire et universitaire, avait fait une déclaration dans laquelle il demandait aux différents syndicats de notre école, non pas de renoncer à leurs revendications, mais d’observer un moratoire pouvant permettre de sauver l’année académique 2007-2008. Il est allé jusqu’à retenir l’organisation, dans les jours à venir, d’un forum autour de l’école malienne, initiative qui a d’ailleurs acquis l’adhésion de toutes les composantes de la société civile et de la classe politique.

Mais apparemment, cet appel à la raison n’a pas été entendu du côté de la Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire (CO.S.E.S).

Au cours d’un point de presse tenu hier dans les locaux de l’ECICA, celle-ci persiste et signe dans sa méthode assez décriée du boycott des évaluations au niveau du secondaire en arguant avoir été trahi par l’Etat qui n’a pas respecté les engagements pris par le Premier Ministre sortant Ousmane Issoufi Maïga pour la satisfaction de leurs différentes revendications qui sont aujourd’hui au nombre de sept : l’octroi d’une indemnité de logements aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la levée des obstacles juridiques (promotion-formation-détachement des contractuels) ; la relecture de l’article 60 de la loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant Loi d’Orientation sur l’Education ; la relecture du décret n°03-324 du 06 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’Enseignement Fondamental et de l’Education Préscolaire et Spéciale ; la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire ; le payement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007 ; l’application correcte des décrets n°00-598, n°00-599 du 04 décembre 2000 portant cadre organique des académies et des CAP ( Centre d’Animation Pédagogique). Selon le secrétaire général de la CO.S.E.S, Tiémoko Daou, le Premier Ministre sortant aurait donné un certain 17 Juillet 2007, un accord de principe pour la satisfaction de quatre points sur les sept que comporte leur cahier de doléances. L’octroi d’une indemnité de logements aux travailleurs de l’enseignement secondaire qui constitue aujourd’hui la pomme de discorde entre la CO.S.E.S et le gouvernement, faisait bien partie des acquis. Monsieur Daou et ses camarades précisent alors que Pinochet avait même créé une commission présidée par le ministre sortant de l’Habitat et de l’Urbanisme, qui au terme de ses travaux, avait fait trois propositions : 35 000F ; 20 000F ; et 10 000F et le paiement devait commencer à partir de la rentrée de 2007-2008.Entre temps, l’exécutif a changé et l’équipe d’Ousmane Issoufi Maïga a laissé la place à celle de Modibo Sidibé. Rappelant que l’Etat est une continuité, les enseignants de la CO.S.E.S ont pensé préserver cet acquis précieux, mais qui malheureusement n’avait fait l’objet d’aucun engagement écrit.

C’est pourquoi, l’actuel Premier Ministre réputé pour sa rigueur budgétaire, n’a pas accepté le principe de l’octroi d’indemnités de logements aux enseignants du secondaire surtout que celles-ci ne peuvent pas être supportées objectivement par le budget d’Etat. Finalement, tout porte à croire que la promesse d’Ousmane Issoufi Maïga sera le seul argument que présentera la CO.S.E.S pour se blanchir des accusations de sabotage de l’avenir des enfants et même du pays.

A leur charge, on peut quand même rappeler que ledit accord n’a pas été formalisé, ce qui ne saurait engager un gouvernement.Quant à l’ancien Premier ministre, s’il s’avère qu’il a réellement donné son accord, sachant pertinemment que le budget d’Etat n’est pas en mesure de supporter les fameuses indemnités, sa responsabilité se trouve engagée dans la présente crise.

En tout état de cause, les enseignants qui disent que sur les sept points présentés au gouvernement Modibo Sidibé, seuls les points 2 et 6 ont trouvé un début de solution, jurent de ne pas céder. Le Bureau National de la CO.S.E.S a décidé de maintenir son mot d’ordre de rétention des notes, de non évaluation et de boycott de toutes les compositions en vigueur respectivement depuis le 12 novembre et le 10 décembre 2007, jusqu’à la satisfaction de ses doléances, en particulier les indemnités de logement, qui, dit-elle, sont accordées à tous les enseignants de la sous-région, sauf le Mali.


 

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