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Sortie triomphale de DJ Bamanan Mackoy

Musique

vendredi 6 juin 2008 par Salimata Fofana

Ni son père, ni sa mère ne chante, il est venu dans la musique par amour. L’artiste vient tout juste de mettre son premier album, « Tounka » sur le marché discographique. Dans une interview qu’il nous a accordé à la Maison des jeunes, DJ Bamanan nous parle, de son parcours musical, son album, la piraterie, ses difficultés etc.

Le Quotidien de Bamako  : Qui est DJ Bamanan ?

DJ Bamanan : Mon nom à l’état civil c’est Amara Konaré. DJ Bamanan est mon nom d’artiste. Je suis artiste musicien. Né au Mali, et grandi ailleurs. Car, j’ai fait 25 ans sans mettre pied au Mali. Le nom Bamanan est venu, à cause de ma franchise. J’aime dire la vérité.

Comment vous êtes venu dans la musique ?

Je suis venu dans la musique par amour. J’ai beaucoup aimé la musique. Surtout ceux que font les grands artistes maliens. Il n’y a pas mal d’artistes au Mali, que je n’achète pas leur cassette. Chaque album qui sort j’achète. J’ai toujours voulu devenir comme eux. Notamment, Salif Keita, Ami Koita, Abdoulaye Diabaté et autres. J’ai commencé à chanter il y a très longtemps. Je me rappelle depuis 1996 le bassiste de Abdoulaye Diabaté m’amenait dans l’orchestre super rail band. Mais, ce n’est qu’en 2004 que j’ai fait ma première maquette avec le morceau N’Boni Balla. C’est en moment que les gens ont suit que je fais de la musique. Parce que, pour mieux montrer aux gens ce que tu fais, il faut les montrer ce que tu peux. Et depuis lors je poursuis ma carrière musicale normalement. Mais auparavant, je faisais des petits trucs comme le gardiennage, le commerce, le pressing etc.

Avez-vous des albums à votre actif ?

Oui, mon premier album est sorti le 20 mai dernier. Il s’appelle « Tounka », l’aventure. Il est composé de dix titres dont le morceau N’Goni Balla. Il parle aussi de la déception d’amour, de la vie sociale, de la région, de ma vie d’aventurier etc.

Justement quel est la différence entre votre morceau N’Goni Balla et celui de la vedette Habib Koité ?

La différence est que dans mon morceau N’Goni Balla, je parle de moi-même. Au début, je disais qu’aujourd’hui que je voulais réellement qui suis-je. Parce que quand j’ai commencé, j’étais dans le milieu des autres artistes africains où chacun faisait la musique à part. Certains faisaient du kouassakouassa, makossa ou Takiborossé. Et quand, je disais que je venais du Mali, ils disaient que Mali même c’est quoi à plus forte raison un DJ qui vient de là-bas. C’est pourquoi, je dis qu’ils vont savoir réellement qui suis-je en créant mon propre genre musical qui va étonnant les gens. Quand Habib Koita a sorti son morceau N’Goni Balla. Quelle a été votre réaction ?

J’étais très content de savoir que j’ai un grand frère qui a les mêmes idées que moi. Parce qu’avant tout il est plus âgé que moi. Habib Koité est un vieux père de la musique mandingue. Musicalement, il est plus âgé que moi, c’est nous les jeunes doivent approcher les grands artistes pour apprendre la musique. Je suis venu c’est une coïncidence, j’ai trouvé que Habib avait fait aussi N’Goni Balla. Cela m’a beaucoup plu.

Comment se présente votre premier album sur le marché ?

L’album se porte bien sur le marché. Les gens viennent l’acheter jusqu’à la maison. Les 10 mille copies qui étaient sorties n’ont pas fait quatre jours, les gens ont tout acheté. Après, nous avons fait sorti 4 mille. Donc, je peux dire qu’il se présente bien sur le marché.

Quel est votre genre musical ?

Je fais beaucoup de genres musicaux. Parce que j’appelle un genre musical tout ce qui est bon. C’est-à-dire tout ce qui est bon je le fais. Je fais aussi du Coupé Décalé. Le morceau N’Goni Balla est un mélange du Coupé Décalé. Car, quand je chantais, cela à coïncider avec l’apparition du Coupé Décalé. Parce que si tu veux que les gens t’écoutent il faut aller avec le temps. Même l’instrumental du morceau « Tounka », est composé en Coupé Décalé.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Les difficultés, que j’ai eu c’est par rapport au côté aide. Parce que quand tu veux faire la musique, les gens te voient mal. Ils ne peuvent pas comprendre ce que tu veux réellement. Certains te qualifient même de délinquant. Aussi, dans la famille, tu te sens un peu rejeter. Sans oublier que dans chaque chose il y a des hauts et des bas. Il y a aussi le problème des producteurs et autres. Sans parler aussi du grand obstacle de la piraterie. Qui empêche l’artiste de vivre de son œuvre. On n’a pas les moyens de lutter contre les pirates, tout le monde les voit, personne ne peut parler. Aujourd’hui mon grand problème, c’est la piraterie. Mon album a été piraté bien avant sa sortie. Sinon je n’ai pas eu d’autres problèmes majeurs.

Certains artistes disent que la piraterie arrange l’artiste d’un côté. Et permet à l’artiste d’être connu en dehors de son pays. Vous êtes du même avis ?

Je ne partage pas cet avis. Les gens n’ont pas les mêmes idéologies. La seule chose qui permet à l’artiste d’être connu, c’est son talent. Sinon souvent les pirates ont beau piraté ton album si tu dois être connu, tu le seras. Mais, on ne peut pas aussi faire un album sans pourtant être piraté. Si les gens piratent nos œuvres, il faut qu’ils nous laissent au moins qu’on mange un peu. Parce que les stickers sur l’album, ce sont nos seuls avantages.

Aujourd’hui, en tant que débutant, quelle appréciation faites-vous de la musique au Mali ?

La musique malienne avance très bien. Mais, les artistes maliens ont un grand problème surtout nous les jeunes. J’ai l’habitude de causer avec les grands musiciens aussi bien qu’au Mali que dans les autres pays. Nous les jeunes, quand nous commençons, nous voulons tout suite sortir un album. Et on ne se souciât pas du reste. Je me rappelle encore, j’ai dormi dans les poux, je lavais les habits et les chaussures des grands artistes et autres à cause de la musique tout cela pour apprendre et avancer dans la musique. Mais toute fois, pour avant dans la musique, il faut supporter les coups durs. Toutes ces étapes font partir de l’apprentissage. Tu ne peux surpasser une étape, et sortir un album, et te plaindre après s’il ne marche pas. Je conseille aux jeunes d’être patients pour qu’il puisse avancer.

Avez-vous des projets ?

Oui, comme tout un chacun, mon seul projet c’est quoi, c’est d’avancer dans la musique comme les grands artistes actuellement. Aussi, de faire en sorte que tous les artistes maliens puissent se donner la main, lutter, aller et gagner ensemble.

Qu’est ce que vous dites à vos fans ?

Je remercie tous les gens qui m’ont aidé. Je demande à tout le monde d’aider les artistes. Aider un artiste, ce n’est pas le fait de l’appeler tout le temps et de lui donner de l’argent mais l’encourager, lui montrer le bon chemin tout en lui donnant des conseils. Chez moi, les conseils sont toujours les bienvenus. Car, un artiste à toujours besoin de conseils pour évoluer. Et je souhaite longue vie à tous les artistes. Parce qu’avec une longue vie, tout est possible dans la vie.

@Propos réalisés par Salimata Fofana

 

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