Sous le signe de la participation aux prises de décisions
lundi 16 juin 2008 par Issa Fakaba SISSOKO
La commémoration de cette date importante survient en effet quatre jours après celle du 12 juin, consacrant la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants. Dans le cadre des festivités commémoratives de ces deux dates, les responsables de Plan-Mali, en collaboration avec le mouvement « AURA » et autres acteurs de la promotion des droits de l’enfant au Mali et en Afrique, ont tenu jeudi dernier une conférence de presse dans la salle des spectacles de l’espace culturel « Blonba ». D’entrée de jeu, le Directeur de Plan au Mali, M. Supriyanto, fera savoir qu’il est important de célébrer une date aussi importante pour l’avenir de humanité. « Le respect des droits de l’enfant est fondamental pour non seulement pour sa survie, mais également pour le devenir même de la communauté.
En clair, la lutte pour l’épanouissement de celui-ci est d’autant plus d’une nécessité absolue qu’elle appelle à la responsabilité de tous », a expliqué le numéro un de l’organisme humanitaire international. Le président de la CONAF (Coalition africaine des droits de l’enfant), M. Moussa Sissoko, n’en dira pas moins. Pour le responsable associatif, si au Mali comme dans beaucoup de pays africains, d’énormes progrès ont été réalisés en matière de respect des droits fondamentaux de l’enfant, du chemin reste encore à parcourir. Et que l’atteinte des objectifs passe obligatoirement pour une approche participative. Cette année, la célébration de la journée de l’enfant africain est placée dans notre pays sous le signe des « Droits à la participation : Que les enfants soient vus et entendus ». A en croire les organisateurs des festivités commémoratives de la fête, ce choix n’est nullement fortuit. Il vise à mettre l’accent sur un élément essentiel de la prise en compte de la dimension du respect des droits de l’enfant dans tout développement. Ce qui fera dire au président de la Coalition africaine des droits de l’enfant (CONAF), que le thème est d’autant plus pertinent qu’il participe à accentuer le processus dans de nombreux pays africains malgré les résultats encourageants obtenus à ce jour suite à plusieurs campagnes de sensibilisation.
Réunis autour du rap
A l’occasion de ces dates importantes, (12 juin et 16 juin), Plan-Mali organise une série de manifestations avec la participation des « Artistes unis pour le rap africain » (AURA). AURA, qui réunit 17 artistes rappeurs de 10 pays africains dont le Mali autour du projet « POTO-POTO », se veut « le réseau de ralliement d’une jeunesse optimiste, convaincue que l’Afrique peut relever victorieusement tous les défis. Il vise en effet trois objectifs majeurs à travers la musique rap. A savoir : « le rap pour protéger les droits de l’enfant en Afrique, le rap pour soutenir l’engagement conscient des jeunes et enfin, le rap pour asseoir la paix en Afrique et dans le monde ». L’opportunité du présent thème pour la célébration de la journée du 16 juin, portant cette année sur la participation des enfants, leur visibilité et leur écoute, amène à utiliser la musique rap pour atteindre ce groupe cible. De l’avis des acteurs de la promotion des droits de l’enfant, ce choix méthodologique est d’une grande justesse quand on reconnaît l’énorme pouvoir que la musique rap peut avoir comme instrument dans le changement de comportement et de plaidoyer sur les plus jeunes. De l’avis de M. Aziz Dieng, il s’agit, à travers le mouvement « AURA », de créer des cadres d’échange et de débat afin d’accroître la compréhension mutuelle entre les jeunes, parvenir à une éducation et une conscientisation des jeunes et de susciter l’engagement des jeunes et des citoyens en général sur les questions de droits et de développement en Afrique.
Ainsi, dans le cadre de la célébration au Mali de l’édition 2008 de la journée de l’enfant africain, un méga concert est prévu ce soir au Palais de la culture Amadou Hampathé Bâ avec la participation d’artistes de grande renommée et des 17 rappeurs du projet « Poto-Poto ». Ce projet, qui a officiellement démarré en juillet 2006, est structuré autour d’un album contré sur le thèmes des droits de l’enfant dont le nom est : « Les histoires extraordinaires des enfants du « POTO-POTO ».
Cet album concept est la bande son (voix, musique, bruitages) d’une comédie musicale qui a pour scène un marché africain, celui de « Poto-Poto ». Dans ce marché, des enfants aux origines et situations diverses se croisent, se parlent, entrent en relation avec des adultes et racontent leurs histoires. « Chaque rappeur y joue un rôle singulier et porte les questions liées à son statut : enfant soldat, enfant victime du sida, jeune prostituée, dealer, docteur humaniste, enfant malade, bonne à tout faire, fille mariée de force, enfant de riche, enfant à problèmes, etc. » explique le rappeur malien Jo Dama du groupe « Tata-Pound » membre dudit mouvement. Pour son homologue du Burkina Faso, Smokey du groupe de rap « Yelen », les concerts du projet « Poto-Poto » sont la mise en scène de ces rencontres extraordinaires à travers lesquelles on découvre les problèmes des enfants et des adolescents en Afrique.
Au service de l’humanitaire
Profitant de la tribune de la présente conférence de presse, le Directeur de Plan-Mali, M. Supriyanto, a largement expliqué le bien-fondé de la présence de son organisme au Mali. Organisation humanitaire internationale de développement, Plan-Mali ambitionne « un monde où tous les enfants pourraient réaliser leurs pleins potentiels dans des sociétés respectueuses des droits et de la dignité de l’homme. « Il s’agit, à travers cette mission fondamentale, d’apporter des améliorations durables dans la qualité de vie des enfants défavorisés des pays en voie de développement par le biais d’un processus qui unit des personnes de cultures différentes et qui donne un sens et une valeur à leur vie » a déclaré M. Supriyanto.
Qui précise qu’en clair, il s’agit de situer l’enfant au cœur de toute action de développement.
Intervenant au Mali depuis 1976, l’organisme exécute des programmes dans le cadre de la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, la diversification des revenus des ménages ainsi que la protection et la participation des enfants dans cinq zones du pays, notamment Banamba, Kangaba, Kati, Kita, Baraouéli.


