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Trois sociétés minières dépossédées de leur permis d’exploitation

SECTEUR MINIER

samedi 28 juin 2008 par Markatié Daou

La lourde sanction a été prise, il y a quelques mois, dans un arrêté ministériel signé par les chefs du département des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Ahmed Sow et son prédécesseur à ce poste Ahmed Diané Séméga.

Pendant que des voix s’élèvent de plus en plus, fustigeant la présence massive de sociétés minières étrangères et demandant (en sourdine) le retour des mines aux opérateurs miniers nationaux, ces derniers font figure d’amateurs ou de figurants dans le travail. Chose qui n’a point tardé à être sanctionnée par les plus hautes autorités comme pour rappeler qu’en matière de respect des normes dans le secteur minier, grand pourvoyeur de recettes au budget national, l’Etat est plus que jamais intransigeant. C’est le moins qu’on puisse retenir de la sanction infligée à la société SUMEA-SA, aux Etablissements Karamoko Touré et à la société Malienne d’or et de diamant. Les Etablissements Karamoko Touré, détenteurs de permis d’exploitation d’or et d’argent, sont désormais dépossédés de l’autorisation qui leur conférait le droit de mener de recherche minière sur une superficie de 4 km2 à Kandiola, dans le cercle de Kéniéba. Notifiée par le décret n°97-166/P-RM du 15 mai 1997, cette décision ministérielle, qui a pris effet depuis le 23 avril 2008, frappe la société parce que, dit-on, elle n’aurait pas respecté ses engagements conformément au code minier en vigueur au Mali.

Car détenteurs d’un permis de recherche depuis 2001, la société n’aurait rien investi depuis. Chose qui lui a valu le retrait de son permis.

Pour ce qui est de la deuxième société à savoir la société malienne d’or et de Diamant, elle est interdite désormais d’opérer sur les 4 km2 de superficie à elle attribuée à Moussala, cercle de Kéniéba. Cette superficie, qui lui avait été accordée par décret n° 06-125/P-RM du 18 avril 1996, a été retirée par le décret n° 08-244/PM-RM du 23 avril 2008. La troisième société sanctionnée est la société SUMEA-SA, une société de recherche d’or et de substances minérales du groupe II qui avait été autorisée suivant l’arrêté n°01-0635/MMEE-SG du 5 avril 2001 à mener des recherches minières sur une superficie de 36 km2 à Misseni Fla, cercle de Kadiolo.

Pour n’avoir pas respecté le contenu du code minier en vigueur dans notre pays, elle a subi au mois d’avril dernier le même sort que les deux précédentes. Mais contrairement à celles-ci, sa sanction a été précédée d’une lettre de mise en demeure n°000728/DNGM d’août 2005.

La leçon qu’on peut tirer de cette sanction contre ces sociétés contrevenantes c’est que l’Etat malien ne veut pas transiger en matière de normes dans le domaine minier, qui constitue une manne financière pour le budget d’Etat. L’autre remarque, non moins importante, c’est le fait que les sociétés sanctionnées sont toutes dirigées par des Maliens.

Un coup dur pour le président de la République qui se bat depuis des années pour l’émergence d’opérateurs économiques maliens dans le secteur minier et pour que l’or du Mali brille pour tous les Maliens.


 

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