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Un Malien de la diaspora dépouillé par son huissier de justice

ABUS DE CONFIANCE OU DETOURNEMENT DE FONDS

samedi 10 mai 2008 par Markatié Daou

Apprenant cette affaire qui défraie la chronique, par le biais de la correspondance adressée au ministre de la justice, dont une copie a été adressée à notre rédaction, votre quotidien a procédé à une confrontation des versions. C’est ainsi que des faits presque concordants ont été relevés d’un côté comme de l’autre (à part le montant de la créance estimée à plus de 6 millions par l’huissier Me Minkoro Traoré alors que la victime M. Sékou SIDIBE parlait de 10 millions), on pouvait espérer un dénouement heureux de l’affaire. Surtout que les parents et beaux- parents du créancier venaient de poser les jalons d’un règlement à l’amiable en signant une reconnaissance de dette les engageant à payer le montant réclamé par le débiteur de Me Minkoro. Coup de théâtre, depuis des mois, ceux-ci, à en croire nos sources, auraient affirmé ne plus vouloir rien payer. Que cache-t-il ce retournement de situation qui confirme l’hypothèse selon laquelle cette affaire fait l’objet d’une censure et d’un étouffement de la part de certains collaborateurs de l’huissier en question au nom d’un corporatisme. Retour sur des frasques d’un homme assermenté des plus contestés de la famille judiciaire !

En effet, dans une lettre adressée au ministre de la Justice dont une copie a été transmise à notre rédaction, il ressort qu’un Malien de France du nom de Sékou Sidibé a été victime « d’abus de confiance et de détournement d’une importante somme d’argent » de la part d’un huissier de justice du nom de Me Minkoro Traoré qu’il aurait chargé du recouvrement des loyers de son immeuble situé à Kalaban-Coura.

L’Affaire remonte à septembre 2007.

Mais auparavant, la victime, le nommé Sékou SIDIBE, avait confié à l’huissier de Justice Me Minkoro Traoré le recouvrement des arriérés de loyers de son immeuble sis à Kalaban-Coura, loué à un promoteur scolaire pour servir d’école de formation professionnelle. Cette formule considérée à l’époque par M. SIDIBE comme un moyen de mettre de l’ordre dans le système de recouvrement des loyers de son immeuble, n’a pas apporté les effets escomptés.

Car, à ses dires, au fur et à mesure que le locataire du bâtiment versait l’argent du loyer à l’huissier de justice, Me Minkoro Traoré, faisait main basse là-dessus et se la coulait douce sans se poser de question. Il percevait les arriérés de loyers et ne signalait aucun paiement au propriétaire auquel il faisait croire à un refus de paiement de loyers de la part du locataire.

Les choses vont longtemps demeurer en l’état, puisque le propriétaire des locaux, Sékou SIDIBE, se gênait de réclamer par téléphone ses sous au locataire de son immeuble à qui il avait, par ailleurs, dit de ne payer que quand cela ne le gênerait pas trop. Le scandale sera cependant découvert lorsque notre homme, n’en pouvant plus, se décidera, un jour, à appeler directement son locataire. Qui lui a répondu qu’il a remboursé tous les arriérés de loyers à l’huissier, Me Minkoro Traoré.

Et de lui faxer les différents reçus de paiements délivrés par ce dernier. Chose qui laissait peu de chance à notre huissier de justice de nier la perception de la coquette somme de 9 808 875 CFA. Toute honte bue, certains parents et proches de Me Minkoro Traoré se sont finalement engagés de payer ladite somme passée à la casserole. C’est ainsi, précise la victime, que le père, un certain Lamine Traoré ainsi que le beau-père de l’indélicat huissier, un certain Issa Yéna, se seraient portés engagés à payer l’intégralité des neuf millions huit cent huit mille huit cent soixante quinze francs CFA (9 808 875 F CFA) en signant une lettre de reconnaissance de dette.

L’engagement de ces proches de l’huissier a eu l’avantage de faire patienter le débiteur, Sékou SIDIBE surtout qu’ils ont effectivement remboursé par petits montants la somme de trois millions quatre cent mille (3 400 000 FCFA). Retournement de situation !

A en croire M SIDIBE, depuis le paiement par tranches de la somme de 3 400 000 il y a un bientôt trois mois, les parents qui s’étaient engagés à sa place refusent tout autre paiement.

Que cache ce retournement de situation qui, en fait, confirme l’hypothèse selon laquelle cette affaire fait l’objet d’une censure de la part de certains collaborateurs de l’huissier en question au nom d’on ne sait quelle conception de la solidarité corporatiste ?

Affaire à suivre !


 

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