La création de ses deux communes fut suivie, trente années plus tard par celle de Ségou et Mopti en 1953 et Sikasso en 1954. Il a fallu attendre la Loi du 18novembre 1955 portant réorganisation municipale en Afrique Noire et de Madagascar pour voir ces communes de Bamako, Kayes, Ségou et Mopti devenir des communes de plein exercice. En 1958, 8 nouvelles communes furent créées. Il s’agit de la commune de Kita, Nioro, Kati, Koulikoro, Koutiala, San Tombouctou et Gao.
A l’indépendance A l’avènement de la première République, en 1960, le Mali comptait 5 communes de plein exercice et 8 de moyen exercice. Mais, c’est en ce moment aussi que commençait des discordes entre les faits et les dits. En effet, à la même période, la constitution du 22 septembre 1960 disposait à son article 41 que : « les Collectivités Territoriales de la République du Mali sont : les régions, les cercles, les arrondissements, les tribus nomades. Dans les faits, ces dispositions n’ont pas dépassé le stade de déclaration de principe. »
De plus, il a fallu attendre six ans plus tard pour voir intervenir la première mesure législative.
Par ailleurs, l’arrivée du régime militaire a tout changé.
Car après le coup d’Etat militaire de novembre 1968, les Conseils municipaux ont été dissous et remplacé par des Délégations Spéciales. Ainsi, l’ordonnance 77-44/CMLN du 12 juillet portant réorganisation territoriale et administrative de la République du Mali a érigé Bamako en District et subdivisé en 6 communes. De plus, le District de Bamako était en même temps une circonscription administrative déconcentrée et décentralisée. Toutefois, cette ordonnance du 12 juillet 1977 avait fait une ouverture sur l’avenir, en disposant que « l’arrondissement peut être érigé en commune rurale ». C’est en 1979 que l’élection des membres des Conseils municipaux redevient la règle.
Vers un réel processus décentralisation
Après les événements du 26 mars1991, les autorités ont organisé une Conférence Nationale en Août de la même année. En faisant le bilan de la décentralisation au Mali, cette conférence a constaté la timidité dans sa mise en œuvre en dépit de l’affirmation du principe dans toutes les Constitutions de l’indépendance 1960 à la veille de la transition en 1990. Cette situation aurait a été considérée comme un manque de volonté, voire un signe de refus des différentes autorités de cette période à mettre en œuvre une vraie politique de décentralisation.
Par ailleurs, l’option pour une politique hardie de décentralisation, se justifiait également par les dispositions du Pacte National signé entre les autorités maliennes et la rébellion au Nord représentée par les mouvements et fronts unifiés de l’Azaoud (MFUAD) qui accordaient une certaine autonomie aux régions du nord reposant sur les principes de la décentralisation.
Ainsi, pour s’assurer de la mise en œuvre de la nouvelle politique de décentralisation la Conférence nationale a prévu dans la nouvelle Constitution, la création d’une Institution spécifique dont l’une des missions est de veiller à la mise en œuvre de ladite politique. Il s’agit du Haut Conseil des Collectivités. Ainsi, en plus des 19 communes héritières, la troisième République a crée 684 nouvelles communes et a érigé les 49 cercles et 8 régions en Collectivités, Cercles et régions.
Il devenait donc obligatoire au régime en place, après les élections communales de 1998, de 1999 et l’installation des organes délibérantes des communes, des cercles, régions et du district de Bamako, de rendre fonctionnelle la 7ème Institution de la République conforment aux recommandations de la conférence Nationale.



