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Un décorateur hors pair

Mamadou Sylla

jeudi 19 juin 2008 par Salimata Fofana

Plus tard en 1989, il a suit des formations en stylisme et modélisme par correspondance à Paris. Après cette formation, il s’est consacré sérieusement à sa passion. Actuellement, il est le Directeur d’un centre de couture, et aussi membre consulaire à la Chambre des Métiers, catégorie Art et divers. Il travaille dans un coin simple mais très significatif : D.TEX. Mode. Déco. E. Couleur, Art- P. Il donne également des cours de dessin à l’ECOVIE.

Mamadou Sylla est un artisan très talentueux. C’est un artiste qui a le don de la créativité. Il a participé à pas mal d’expositions et autres.

C’est un artisan multidimensionnel car il fait de l’art plastique, du design, du bogolan, de la décoration etc. Pour lui, l’art est un métier d’avenir et le marché de l’emploi a besoin de la main d’œuvre qualifiée qui ne va pas sans l’artisanat. A cet effet, l’artiste s’inspire sur les faits de société pour faire ses œuvres. Aussi, l’artiste Mamadou Sylla se consacre beaucoup à la promotion de la femme. Cependant, dans la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA, l’artiste s’investit dans la création des tableaux de sensibilisation pour la cause. C’est pourquoi, il avait même monté un projet intitulé : semaine de sensibilisation à travers une exposition artistique sur le VIH/Sida. Mais, en son temps il n’a pas eu de financement après plusieurs démarches entamées auprès de l’Onu Sida et le Haut Conseil National de Lutte contre le Sida.

Ce projet traîne jusqu’à présent dans les tiroirs de son atelier.

Par ailleurs, l’artiste met beaucoup l’accent sur les couleurs. « Ma théorie, a-t-il précisé, ce sont les couleurs. On ne peut pas être styliste sans connaitre l’harmonie des couleurs. C’est valable aussi pour le design. Le mélange, la concordance et la connaissance des couleurs donnent goût au travail de l’artisan. » Très passionné par son métier, il travaille aussi sur les matières de seconde main en leur donnant une autre image. Selon lui, ce qui manque aux artisans maliens, c’est la formation. Et d’ajouter, « Pour avoir une formation de niveau supérieur, il faut aller à l’extérieur. Sinon chez nous les formations que les artisans reçoivent ne leurs permettent pas d’évoluer davantage. Les artisans ont vraiment besoin d’un renforcement de capacité pour aller de l’avant. Je reconnais que le ministre de l’Artisanat aide les artisans à sa matière à travers la Chambre des Métiers. Mais ce n’est pas suffisant. Les aides ne sont pas uniquement que de l’argent, cela peut être une aide technique ou même des conseils. Il faut que les artisans adhèrent à la Chambre de Métier. Parce qu’une fois là-bas, tu as beaucoup d’opportunités, et cela peut être bénéfique pour toi. Je conseille aux artisans de ne pas mettre l’argent au dessus du travail. »

Quand il a commencé, il confectionnait des habits pour aller vendre à l’Allemagne. Mais, lors de la CAN 2002, que notre pays a organisé, il a investi 30 millions de FCFA pour des œuvres artisanaux, cela a été un échec pour lui, à cause du Djatiguiya, il n’eu aucun touriste. Car, il pense que les Maliens n’aiment pas investir dans leur art, mais éprouvent pour des produits d’origine étrangère une passion sans pareille.


 

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