Bar Cabane, haut lieu de la prostitution à Sébénikoro, en commune IV, où le taux de fréquentation des lieux est le plus élevé du quartier, compte tenu du prix que bon nombre de gens jugent abordable. Tenez vous bien. 1000 F CFA, la passe y compris la chambre et « la vendeuse… ». Raison pour laquelle, le lieu est toujours plein comme un œuf.
D’un côté, les boissons alcoolisées coulent à flot, la fumée de cigare et d’autres, génèrent une épaisse fumée au-dessus de la tête des saoulards qui peine à danser ; tandis que de l’autre côté, les « marchandes du sexe flirtent avec les potentiels clients. Là bas, dans le coin, on a affaire à de véritables « hôtesses » de nuit qui n’hésitent pas à « saisir » les arrivants par la taille….ou même « le bas ». La plupart d’entre elles sont polyglottes. Passons.
En effet, c’est dans ces « maisons clauses » que le faux colonel, qui n’est qu’en réalité un tailleur, opérait en compagnie d’un de ses amis fidèles. Selon Lakaré et Linda, deux de ses victimes, le faux colonel fréquentait constamment les lieux. A chaque fois qu’il y débarquait, son ami se mettait en position de salut militaire devant les prostituées.
Des gestes militaires qui intimidait sérieusement leurs « victimes ». C’est alors que le faux colonel s’enfermait dans la chambre avec une ou deux filles sans payer un sou, à la fin de « l’exercice ». Celles d’entre elles qui posaient problème, étaient menacées par son laquais de se faire ramener au poste de police.
Pour ses « victimes », se faire conduire au poste de police par un soi-disant colonel étaient la fin du monde, surtout pour Linda, la Sierra Léonaise. Quant à Lakaré, la Malienne , ça sera une nuit de perte incalculable puisse qu’elle doit payer le proxénète et son « gigolo » de concubin. Alors, mieux vaut satisfaire les désirs sexuels du faux colonel comme des ordres émanant de la plus haute hiérarchie militaire.
Ainsi, cette intimidation ou ce faux et usage de faux n’en finissaient pas au Bar Cabane jusqu’au jour où Linda, l’anglophone a décidé de prendre le taureau par les cornes. Vendredi, à 23 heures moins, le faux colonel et son valet débarquent dans le bled avec une nouvelle exigence, visant à satisfaire sa libido. Cette fois-ci, ils outrepasseront les bornes du silence, en exigeant des deux filles de les suivre hors du bar. Une fois au dehors, les deux hommes les forceront à prendre place à bord d’une voiture OPEL VECTRA, non immatriculée. Pas de doute, la voiture d’un « colonel » n’a pas besoin d’être immatriculé ; nous sommes au Mali !
Entre-temps, les deux filles avaient discrètement avertis les autres qui les suivront en taxi jusqu’au niveau du cimetière de Lafiabougou où le faux colonel et son compagnon « fidèle » obligeront les deux prostituées à se dévêtir pour le début des hostilités (les ébats) sur le capo de leur voiture....
Au moment où celles-ci s’apprêtaient à s’exécuter, un taxi se garait à côté d’eux. A bord de ce taxi, il y avait quatre filles qui descendront in extremis avec en main leurs talons de chaussures et le lynchage commença.
Le faux colonel se fera battre jusqu’au sang par ses « victimes », tandis que son ami s’est évanoui dans la nature. Après le lynchage, les furieuses « professionnelles du sexe » ont également mis à sac, la voiture (pare-brise, phares et feux rouges, tous émiettés).
Usurpateurs de noms et titres, attention !
Adama Diarra
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