Un fléau aux conséquences énormes
mardi 6 mai 2008 par Abdoul Karim Maïga
Mais à côté de ce fait courant, une autre réalité est de savoir que cela peut lui être préjudiciable au cas où le bénéficiaire n’aurait pas la compétence requise.
C’est du moins un constat qui ressort de la deuxième session de la Cour d’assises en transport à Sikasso quand Bintou Diefaga, caissière à l’Agence EDM-SA de Djélibougou et Luc Samaké, magasinier à la CMDT de Bougouni, ont comparu pour atteinte aux biens publics. Des accusés qui sont tous parvenus à ces postes à la faveur d’un népotisme qui gangrène notre administration en général.
Dame d’accueil à son arrivée à EDM-SA en 1999, Bintou Diefaga s’est retrouvée à la caisse de Djélibougou après cinq petits jours de formation en caisse (comme si cela pouvait suffire pour tenir une caisse). Quand on sait que c’est plusieurs millions qui devaient transiter par là, il n’est pas donné à n’importe qui de savoir s’en sortir. Ainsi, il lui a été reproché d’avoir détourné 14.620.668 FCFA au préjudice de son service employeur. Certes, à la barre, Bintou Diefaga a soutenu avoir rejeté cette promotion, qui est différente de sa formation de secrétaire, mais sans résultat auprès de sa hiérarchie. Nous n’avons nullement la prétention de clamer son innocence car, en matière pénale, la responsabilité est personnelle. En plus du paiement de l’argent détourné et de 200.000FCFA d’amende, Bintou Diefaga devra passer 5 ans en prison.
Un scénario presque identique se passa à Bougouni dans le magasin de matériel agricole d’une valeur de plus d’un milliard. Chose qui relevait aussi de la comptabilité. Analphabète, il a été recruté comme un cas social. Ainsi, il était chargé d’établir des bordereaux d’envoi, sous les ordres de son chef de section matériels agricoles, Michel Dembélé. Des bons de commande dont les produits ne sont jamais arrivés dans les destinations qui figurent sur les bordereaux.
Il a été puni au même titre que les auteurs complices.
Somme toute, chacun aspire à un mieux-être.
C’est pourquoi, sans réfléchir, les uns et les autres sont prêts à bondir sur des promotions comportant toutes sortes de risques. C’était malheureusement ce qui est arrivé à Bintou Diefaga et à Luc Samaké, qui ont voulu exercer des professions qui ne cadrent pas avec leurs profils. Ils ont alors tout simplement été des mains agissantes pour des têtes pensantes, donc des boucs émissaires.
Abdoul Karim Maïga
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