Un grand ministère en manque de moyens
mardi 22 juillet 2008 par Amadou DIAKITE
L’engagement et la bonne volonté du ministre Amadou Abdoulaye Diallo, son staff, collaborateurs et agents suffiront-ils pour rendre lisible et visible la volonté présidentielle, d’améliorer le niveau de vie et le bien-être des Maliennes et des Maliens.
Dans son Projet pour le Développement Economique et Social, le chef de l’Etat indiquait « notre objectif pour les cinq prochaines années est d’atteindre un taux de croissance d’au moins 7% par an. Comment avec peu de ressources pour assurer le fonctionnement régulier de quatre départements regroupés en un seul, le gouvernement entend aller à une croissance économique plus forte et poursuivre son programme d’infrastructures économiques de base et le développement du secteur privé ?
Il urge qu’au retour des vacances, le chef du gouvernement alloue à ce département, les moyens conséquents pour éviter la même situation que celle de l’ « Initiative Riz ».
Le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, élément incontournable dans la mise en œuvre de la politique économique, industrielle et commerciale, a besoin de moyens pour faire tâche d’huile.
Le blocage de ce grand département pour manque de ressources financières adaptées, ne saurait s’expliquer. Tout comme le ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique et plusieurs autres départements, il leur faut les moyens pour la concrétisation du PDES. Les blocages délibérés, montés de toutes pièces au niveau des finances, ne sont pas des pratiques à rendre visibles sur le terrain, les actes posés par ces ministères. Récemment le chef de l’Etat a dénoncé la situation délibérément entretenue à l’égard du ministère de l’Agriculture.
Pour cette raison, on aurait dû doter ce département d’un budget consistant. Malheureusement ce n’est pas le cas.
Aujourd’hui, compte tenu des exigences actuelles de croissance, de développement économique, de régulation du marché, mais aussi de la promotion industrielle, le département de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie accuse une insuffisance notoire de fonds pour la mise en œuvre des nombreux projets et programmes. Dès lors, il importe de revoir le budget de fonctionnement dudit département, afin que ses responsables puissent faire face pleinement à leurs responsabilités. Ce qui se résume aux obstacles qu’ils vont devoir lever afin d’offrir une large marge de manœuvres, en terme d’amélioration des conditions de vie et de travail des populations, de création d’un plus grand nombre d’emplois pour les femmes à travers la promotion industrielle.
Le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie fait partie des départements stratégiques dans la mise en œuvre de grands axes du Projet de Développement Economique et Social (PDES) du président Amadou Toumani Touré. En prenant en compte cet aspect pertinent, il est nécessaire, voire urgent que soit revu le budget du département à la hausse. Si ce n’est pas le cas, les efforts seront certes pas vains, car certains actes concrets significatifs ont déjà été posés, en l’occurrence lorsqu’il s’est agi de développer des initiatives tendant à atténuer les conséquences drastiques de la hausse des prix, de susciter la mobilisation des commerçants pour un approvisionnement régulier des populations en denrées alimentaires à des prix abordables.
Par ailleurs, il est question aujourd’hui de promouvoir l’industrie à partir de la création de nouvelles unités pour la transformation des produits locaux dont le lait.
En outre, dans le contexte du renouveau de l’action publique, le département de l’Economie de l’Industrie et de Commerce, pour être plus performant, doit disposer de ressources financières consistantes. Il y va d’une meilleure mise en œuvre du PDES du président de la République.
En effet, les difficultés actuelles imposent au département de renforcer le dispositif de contrôle des prix sur le marché afin de mettre les populations à l’abri de l’anarchie des prix pratiqués par des commerçants qui se montrent trop cupides.
La multiplication des défis à relever n’est-elle pas une raison suffisante pour reconsidérer le budget du département de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie ?
Il appartient aux plus hautes autorités du pays d’en décider.


