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Un mal endémique à éradiquer

CIRCULATION ROUTIERE A BAMAKO

vendredi 10 octobre 2008 par Fatoumata Haïdara

Une croissance qui n’est pas sans conséquences avec les pertes en vies humaines, donc un déficit de ressources humaines pour le pays.

Les accidents routiers sont un mal endémique dont ni l’implication des autorités publiques, ni la mobilisation de la société civile, ne sont arrivées jusque-là à amortir l’impact néfaste sur notre société. Panneaux publicitaires, grands travaux publics pour l’aménagement des routes, tous les moyens sont utilisés pour réduire le nombre d’accidents routiers dans le District et ses six communes, dont la population avoisine le million et demi. Une densité démographique qui se répercute naturellement sur la circulation routière de la ville.

Bamako donne l’impression d’une ville dont les citoyens ne dorment jamais. Très tôt le matin, fonctionnaires, commerçants, élèves et étudiants gagnent le centre-ville. Les moyens de transport pour faciliter le déplacement entre les deux rives sont divers : voitures personnelles, transports publics, motocyclistes. Les impatients d’arriver sur le lieu de travail (et ils sont plutôt nombreux) s’exposent à plusieurs dangers. Il n’est pas de jour où les hôpitaux de Bamako ne n’accueillent un grand nombre de blessés graves dont la plupart succombent à leurs blessures. Le Président de la République Amadou Toumani Touré avait lui-même tenu à intervenir sur le problème après les deux accidents mortels survenus sur la route de San.

Il a, durant des heures, tenu un discours de responsable à travers lequel tout le monde pouvait se voir interpellé. A la veille des fêtes (du Ramadan, pour citer le dernier cas), l’ORTM multiplie les programmes de sensibilisation.

Si la démographie constitue un facteur aggravant, notre cependant elle n’est pas le seul. L’indiscipline caractérisée des usagers dans la circulation est à déplorer. La démocratie est mal comprise dans notre pays : les citoyens, qui normalement devraient s’engager à bien préserver la chose publique, participent allègrement à sa destruction. C’est dire combien l’incivisme est devenu une gangrène qu’il faut combattre pour espérer un développement du pays. Il faut éduquer et punir. Sensibiliser les usagers au respect du code de la route, au port de la ceinture, du casque.

Enfin, il faut punir, ceux qui ne respectent pas les règles. Y compris certains policiers qui continuent à soutirer de l’argent aux usagers en faute.

Enfin pour que la population respecte les normes juridiques et sociales, et se conforment au code de la route pour leur sécurité et celle de toute la communauté dont ils appartiennent, il paraît nécessaire que les autorités publiques soient les premières à donner l’exemple : dans notre pays, tant que cette responsabilité n’est pas assumée, il n’y aura point de civisme.


 

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