Ainsi va la vie au sein du Front pour la Démocratie et la République (FDR). Les dirigeants se succèdent désormais à sa présidence non pas pour mieux le servir, mais pour mieux se servir.
Depuis que le président du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta, a terminé son mandat de six mois, tous ceux sont arrivés ne sont autres que des clients de notre justice. Le premier à prendre la relève d’IBK, qui est Tiébilé Dramé est presque connu maintenant de tous les Maliens. C’est bien lui Monsieur Sommet Afrique-France, organisé en terre Bamakoise en Décembre 2005. Lui qui était d’ailleurs un chantre du régime d’ATT s’est vu confié la lourde responsabilité de présider le comité d’organisation dudit sommet.
Après le sommet, dont ses partisans estiment que l’organisation a été d’une rare réussite, l’homme a été confronté à des séances d’explications devant qui de droit pour des dérives constatées dans la gestion. Accablé, il conclut vite qu’il s’agissait là d’une cabale montée de toutes pièces pour ternir son image d’homme d’Etat, surtout qu’une affaire de second rapport contredisant le premier avait fait surface. Il en a été tellement surpris de cette action judiciaire que lui-même, après le sommet, avait commencé à rêver d’un poste de haute confiance au sommet de l’Etat.
Pourtant, le mieux dans des cas pareils, est de laisser la justice faire son travail pour qu’elle-même te blanchisse après ses investigations. Mais, ne dit-on pas que qui se sent morveux, se mouche ? Alors, sentant le couperet venir, il fallait vite crier à la cabale, à la trahison, voire à une ingratitude. Une campagne médiatique à grande échelle n’a pas tardé à être menée, le but étant de tuer l’affaire dans l’œuf. Peine perdue, car l’affaire sera même enrôlée dans le rapport 2006 de la CASCA pour être transmise à la justice. Le boulot confié à la justice, les investigations se poursuivent pour que tôt ou tard la vérité soit dite autour de cette rocambolesque affaire.
C’est pour organiser une contre-attaque que son parti le PARENA quittera la mouvance présidentielle pour aller s’associer à d’autres afin de mettre en place une mouvance de contre-pouvoir : c’est l’éclosion du FDR. Désormais, le refuge est trouvé pour échapper aux serres de la justice. Ce regroupement circonstanciel à but électoraliste a échoué dans sa mission première de conquête du pouvoir au soir du 29 avril 2007, avec les scores à faire ricaner un âne récoltés par ses leaders. Depuis, l’atmosphère a commencé à devenir délétère entre les différents protagonistes, poussant même certains à la démission. Ladji Bourama, alors président, qui ne supportait plus les agissements va-t-en-guerre de certains de ses camarades, avait eu à interdire la tenue des réunions à son domicile. Des signes qui ne trompent pas, quand on sait que c’est lui le noyau dur dudit regroupement. Quel ne fut pas son soulagement quand il s’est vu délester de cette présidence, après son mandat, au siège du PARENA à Bolibana !
Un bouclier pour Monsieur Dramé
C’est donc tout naturellement que le bouclier tant attendu échoit à Tiébilé Dramé. Et il va s’en servir pour tenter de faire oublier le problème du sommet Afrique-France. Très vite, il va se lancer dans d’autres aventures comme la crise au Nord, où il faillit pactiser avec le diable. Pour la résolution durable à cette crise, il tente d’organiser un forum sur la paix, la sécurité et le développement dans la bande sahélo-saharienne, où il envisageait faire appel au terroriste Ibrahim Ag Bahanga.
Heureusement que son initiative a été vite rendue caduque par le chef de l’Etat qui l’avait précédé en la matière et dont le forum concerne les chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace sahélo-saharien.
Malgré tout, Tiébilé n’a pas renoncé à son sinistre projet en se faisant passer aux yeux du terroriste Bahanga, comme l’homme de la situation. Bahanga d’ailleurs prendra Tiébilé à de la lenteur constatée dans l’application des accords d’Alger du 04 Juillet 2006.
De la crise au Nord à la crise scolaire en passant par la cherté de la vie et l’initiative riz, il y avait de la matière pour le président du FDR, Tiébilé Dramé pour endormir l’opinion nationale par rapport au sujet le concernant, à savoir l’explication devant nos justiciers des tenants et des aboutissants de la gestion du sommet Afrique-France. C’est vrai que lors d’une conférence de presse au CICB, en répondant à la question d’un journaliste, qu’il a même déclaré appartenir à un journal « d’en face » (entendez : proche de Koulouba), il avait laissé entendre qu’il n’y a pas eu de plainte contre lui par rapport à cette affaire, et que c’est l’existence de deux rapports contradictoires (l’un élogieux et l’autre dépréciatif) qu’il a dénoncée. Quoi qu’il en soit, la CASCA qui a déjà transmis le dossier à la justice s’attend à une suite.
Blaise fuit le FDR
En attendant, c’est son mandat à la tête du FDR qui était arrivé à terme. Depuis fort longtemps, il devait passer le témoin de cette présidence tournante à Mamadou Blaise Sangaré de la CDS Mogotiguiya. Mais ce dernier a préféré bouder cette coquille vide. Désappointé par la tournure des évènements au sein du FDR, Mamadou Blaise Sangaré de la CDS Mogotiguiya vient de cesser sa rébellion contre le régime. Depuis l’investiture d’ATT, il n’a jamais cessé de dire qu’il n’exclut pas l’éventualité de travailler avec le président de la République, Amadou Toumani Touré, si ce dernier venait à lui faire appel pour une responsabilité. Car, à l’en croire, c’est le Mali qui doit compter d’abord avant les intérêts politiciens. Toute chose qui laisse croire que ce dernier a presque quitté le regroupement, puisque les va-t-en guerre, enfouis dans le PARENA, cherchent à mettre les intérêts politiciens au-dessus des intérêts de la nation, et Dieu seul sait combien ils sont déterminés, tant ils sont remontés contre ATT. C’est pourquoi malgré les nombreuses interventions pour l’amener à succéder à Tiébilé Dramé à la tête du FDR, il est resté sur un niet catégorique. Le FDR, en réalité, est devenu pestilentiel pour le patron de la CDS, lequel avec cette aventure ne fait que s’enfoncer.
Me Gakou à la rescousse
N’ayant pas eu de preneur, la présidence du regroupement était toujours gardée par Tiébilé Dramé, avant que le président de la COPP, Me Mamadou Gakou, cet autre client de la justice, ne se manifeste. Son parti : la COPP, il faut le dire, n’existe que dans la tête de celui qui l’a créé, sinon en réalité, il a été biffé de l’échiquier politique depuis longtemps. Qui sait où se trouve son siège national ?
Qui connaît des élus à son compte ?
Qui a entendu parler d’un congrès le concernant ?
Ou d’une activité de formation à l’endroit de ses militants ?
Qui sont d’ailleurs ses militants ?
Autant de préalables que la prétendue COPP est loin de remplir.
C’est vrai que pour tenter d’amuser un peu la galerie, il y avait eu une agitation en son nom derrière l’ancienne ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Mme Bah Awa Keïta, à laquelle on reprochait d’avoir détourné les sous du parti, avant de claquer la porte.
Vrai ou faux, en tout cas, depuis lors, on n’a plus entendu parler de cette affaire. Quant au président du soi-disant parti, beaucoup de sources rapportent que les créanciers l’acculent dans ses derniers retranchements.
Ses ardoises sont aujourd’hui de nature à lui couper le sommeil. Peut-être est-ce la raison qui l’a amené à s’emparer de la présidence du FDR pour que celle-ci lui serve de bouclier.
Mais cela suffira t-il ?
Abdoulaye Diakité
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