Un problème profondément ancré dans la société malienne
lundi 7 juillet 2008 par Moussa Diarra
Parmi ces vilenies, la corruption est celle qui a eu la vie très dure.
Elle est multiforme. A toutes les époques, elle a pris des formes variées.
Les classes dominantes dans le passé ont soudoyé souvent les guerriers en qui, ils avaient peur. Ils avaient des privilèges que les autres sofas n’avaient pas. Ils avaient des cadeaux le plus souvent pour avoir leur silence. Quant il arrivait qu’un brave guerrier devenait incorruptible, il était l’objet de pièges.
Bakarydian eut la vie sauve grâce à son fils.
On connaît le triste sort que Dopa Ouattara de l’empire du Kénédougou a vécu.
Les rois invaincus ont été parfois vaincus par l’entremise des femmes favorites qui livrent les secrets de leurs maris à leurs ennemis. Tous les pouvoirs politiques ont tenté de ramollir leurs opposants en leur versant une pluie d’argent.
Le pire des corruptions est celle qui gangrène l’administration.
Au Mali, les luttes contre la corruption sont restées lettres mortes. Mais il faut relever qu’elle est récente dans l’administration malienne.
C’est par la corruption que la métropole a divisé l’Afrique pour avoir raison d’elle. Dans l’administration coloniale, les maliens partout ou ils étaient, ont été reconnus comme des hommes intègres. Le comptable du PDCI était en fonction depuis 1947 jusqu’en 1980, date de sa mort.
Il en a été ainsi tout le temps et partout où il se trouve le malien.
Pendant la première république, le premier du Mali indépendant n’avait que son salaire d’instituteur. Il a fallu le versement de ses indemnités de député à l’assemblée française pour pouvoir éponger ses dettes envers métal Soudan qu’il avait contractées pour parachever sa concession de Moribabougou. La deuxième république a cultivé la recherche du veau d’or. Même à cette époque, selon la loi, celui qui détourne le bien public à hauteur de douze millions était condamné à mort.
La troisième république a connu la naissance de vingt quatre milliardaires selon les enquêteurs de la banque mondiale. Les rapports des vérificateurs montrent que l’administration fait disparaître une dizaine de milliards par mois.
Cependant, le constat est que le menu fretin, pour quelques sous, est incarcéré. Celui qui détourne des milliards, peut être fait –il des opérations de prestidigitateurs, est vite lâché en liberté provisoire commué après en non lieu. C’est là qu’il faut mettre tout l’accent pour maîtriser la délinquance financière. Ou la Cote d’ivoire, en certain moment, il faut laisser son empreinte dans le développement du pays. A chaque époque correspond une pratique de réussite. Le constat est amer. Ceux qui, parmi les bureaucrates, sont restés intègres sont méprisés au niveau de leur service. Et ils vont à la retraite malheureux.
Très souvent toutes les portes de promotion leurs sont inaccessibles. La corruption est si présente au niveau de l’administration que les compétences sont délaissées au profit des relations. Que devient le pays dans ce cas ?
Faut-il à chaque pouvoir laisser la chance de sucer le pays à sang sans condamner les corrupteurs ?
Les structures de contrôle pourraient-ils aider à amoindrir la corruption ? Il faut craindre en tout cas qu’à ce rythme l’administration ne déclenche une éruption volcanique plus meurtrière que le 26mars mais qui risque cette fois de remporter les plus nantis. Il appartient à l’élite d’approfondir la réflexion pour donner un visage plus humain à la corruption qui empêche de donner du travail aux jeunes dans un pays qui est sur chantier. Le clin d’œil à faire sur l’école, il faut tout faire pour extirper les racines de la corruption à l’école.
Le capital des compétences est le garant du développement humain durable.
Moussa Diarra
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