Un retard qui en dit long sur la nature des résultats
vendredi 8 août 2008 par Mamadou Senou
Selon notre source, proche du ministère en charge de cette évaluation, les travaux du secrétariat (calculs des notes) seraient achevés depuis une dizaine de jours.
Qu’est-ce qui explique le retard qui plonge les candidats dans l’impatience ?
L’année scolaire 2007-2008 a été sans précédent dans l’histoire de l’école de notre pays. L’Etat, en conflit avec les professeurs dans ce secteur, a préféré tout simplement les écarter de la surveillance et de la correction de toutes les épreuves (compositions et examens de fin d’année).
Après un mois déjà, les résultats du baccalauréat sont toujours attendus, d’où l’inquiétude, l’impatience des parents d’élèves, lycéens et de tous les responsables de la question scolaire. Si l’année dernière, les autorités ont justifié le retard par la rétention des notes par les professeurs, cette année, c’est loin d’être le cas. Les professeurs titulaires n’ont pas participé au déroulement du baccalauréat. Alors pourquoi ce suspens, cette lenteur qui suscitent tant d’interrogations ? Selon les dernières informations qui nous sont parvenues, les résultats seraient déjà connus et se trouveraient en circulation dans les mains d’un certain nombre de responsables du ministère de l’enseignement secondaire et de la recherche scientifique.
La même source nous rapporte que certains candidats auraient déjà eu écho de leur résultat. Ledit résultat serait plus mauvais que toutes les années antérieures.
Il n’est un secret pour personne que les repêchages sont en cours depuis 1991. Ils sont le seul moyen de relever le taux d’admission aux environs de 30%. Depuis trois ans déjà, le phénomène prend une ampleur à la fois inquiétante et insultante pour l’image du Mali.
C’est la promotion d’une école de quantité au détriment de l’école de qualité que nous ont laissée, comme héritage, le père de l’Indépendance le Président Modibo Keïta et ses proches.
De 2005 à 2007, la moyenne de repêchage a été ramenée à huit (8), contrairement aux années précédentes où elle était de neuf (9). Vu la particularité de l’année scolaire 2007-2008, il est à parier que les autorités scolaires ont fort à faire avec les résultats du baccalauréat.
Le seuil de repêchage ne serait-il pas ramené à sept (7) de moyenne ?
En tout cas, un malaise profond demeure.
La dégringolade de niveau dans les établissements publics a été aggravée par une politique laxiste de l’Etat qui met tout en œuvre pour cajoler les candidats. Dans ces conditions, il n’aurait pas fallu dénigrer le personnel enseignant en l’accablant de tous les péchés d’Israël.
L’Etat lui-même, au regard de sa politique de repêchage, ne distribue-t-il pas des diplômes politiquement transmissibles ?
Ne contribue-t-il pas à ternir l’image de notre école et à cultiver la paresse et la notion de sacrifice chez les élèves et étudiants ?
Ce phénomène sollicite l’implication de tous les citoyens pour la renaissance de l’école malienne, gage de tout développement. La politique de repêchage au baccalauréat dans notre pays est la cause flagrante de l’énorme embouteillage constaté dans nos facultés, particulièrement dans les facultés respectives de Bamako (FSJP ; FSEG) qui ressemblent à des dépotoirs tant les étudiants sont entassés les uns sur les autres.
En conclusion, il faut espérer que les travaux du forum dont les activités sont déjà entamées éclaircissent le ciel assez noirci de l’école malienne.
Mamadou Senou
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