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Une aubaine pour les huileries

Privatisation-CMDT

samedi 23 août 2008 par Amadou O. Diallo

En mettant l’accent sur la production de la graine de coton, le Mali peut produire une quantité suffisante d’huile et "d’aliment-bétail" pour la consommation domestique et l’exportation. Selon les spécialistes, la graine de coton est un produit exploitable à 100 %. Elle se compose de 25 % d’huile, 60 % d’aliment bétail. Le reste rentre dans la fabrication du savon. Ainsi, les nouvelles entreprises qui naîtront des cendres de la Compagnie malienne du développement du textile (CMDT) pourraient faire de notre pays un leader dans la production d’huile de coton raffinée dans la sous région.

L’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) lorsqu’elle fonctionnait à plein régime pouvait transformer 1350 tonnes de graines de coton par jour, dont 700 t/jour à Koutiala, 500 t/jour à Koulikoro et 150 t/jour à Kita. Autour de l’Huicoma gravitaient une quinzaine d’unités de production "légère", disséminées dans les régions de Sikasso, Ségou et Koulikoro. La capacité de production de ces différentes unités industrielle dépassait, de loin nos besoins de consommation domestiques, selon les chiffres communiqués par la Direction nationale de la statistique et de l’informatique (DNSI), qui estimait ces besoins en 2007 à 74 265,25 tonnes d’huile et 76 275,93 tonnes en 2008.

Mais, le hic vient aujourd’hui du côté de la production du coton. Notre pays, s’était hissé au premier rang des producteurs d’or blanc en Afrique, devant l’Égypte en 2003/04, avec une production plus de 600 000 tonnes de coton et de meilleur qualité. La filière quelques années plus tard a subi de plein fouet les fluctuations récurrentes des cours des matières premières sur le marché mondial. De nombreux, producteurs se sont alors retirés de la filière.

En conséquence, la production du coton a reculé pour se situer à moins de 100 000 tonnes durant les trois dernières années. La baisse de la production cotonnière a, entraîné avec elle celle de la graine, qui sert de matière première dans les industries de transformation. S’agissant de l’Huicoma, par exemple, sur une prévision de 600 000 tonnes de graines de coton en 2007, elle n’a engrangé que 91 000 T, une quantité équivalente à seulement 2 mois de fonctionnement. Une évaluation des besoins par unité de production, effectuée par la direction générale l’entreprise a révélé que Huicoma Koutiala ne pouvait recevoir que 54 800 tonnes soit (1 mois de production). Elle a donc décidé de concentrer ses efforts dans la production à l’usine de Koulikoro. 54 800 tonnes ne couvrant pas les charges de fonctionnement de l’usine de Koutiala encore moins le salaire des travailleurs, a expliqué le directeur de l’usine Modibo Traoré.La fermeture des deux usines de Huicoma, à Kita et Koutiala, constitue non seulement pour l’entreprise, un manque à gagner considérable, mais une perte énorme pour l’économie nationale et les consommateurs maliens, qui se voient contraints de consommer l’huile importée plus onéreuse. Signalons que le chiffre d’affaires de Huicoma qui était d’environ 26 milliards avant la privatisation est retombé à 6 milliards avant sa fermeture soit plus de 20 milliards de déficit à cause notamment de la baisse de la production du coton.

Il faut donc un réarmement moral des producteurs pour permettre à notre pays de reprendre sa place de leader des pays producteurs de coton sur le continent. Pour cela il conviendrait de faire de la privatisation de la CMDT une opportunité de travailler plus pour gagner davantage d’argent. Pour atteindre ce double objectif, il faut au préalable que l’État accompagne la filière dans cette dynamique.

Il doit, en premier lieu exiger des repreneurs de l’entreprise, l’intégration dans les activités industrielles, l’encadrement des producteurs. A ce titre ils s’engagent formellement à fournir aux producteurs un encadrement de qualité dans la culture de coton et leur approvisionnement correct en intrants agricoles à des coûts abordables. Fut-il au prix d’une subventionne étatique. Cette mesure permettra aux producteurs d’accéder aux intrants et minimiser l’impact des autres facteurs du marché, dominé par les spéculateurs.

En outre il s’agira de constituer de grands groupes agro-industriels, qui constitueront des pôles économiques intégrant la production, la transformation et la commercialisation. Ces regroupements pourront prendre des parts dans différents secteurs : financier, industriel et commercial et dans d’autres branches de la filière.

Dans un second temps, il s’agira de susciter le développement d’un parc industriel connexe, notamment l’industrie chimique pou produire sur place les intrants nécessaires au développement du secteur.


 

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