Peut-être, ne le saura-t-on jamais.
Par contre l’annonce faite il y a quelque temps qu’on pouvait transformer la noix de mangue en huile avait suscité beaucoup d’espoir chez les femmes de Djicoroni-Para, Lafiabougou et Sébénicoro.
En effet, la nouvelle s’était répandue qu’une usine de la place transformait la noix de mangue en huile. Dès lors, les femmes en particulier avaient commencé à se construire des châteaux en Espagne.
Chacune d’elle rêvait de voir une fortune vite faite et à moindre effort, surtout que la mangue, sous nos cieux, ça pourrit sur pied. On mit les enfants à contribution. Bientôt dans chaque cour, on vit s’entasser des sacs de 50 et 100 kg remplis de noix de mangue.
Pour diminuer le poids à la vente, on les mit même à sécher.
Mais voilà trois mois déjà qu’aucun acheteur n’a pointé le bout du nez. Certains avaient pourtant indiqué les marchés de Sébénicoro et de Lafiabougou comme points d’écoulement de la précieuse marchandise. Ceux qui ont traîné leurs récoltes en ces lieux-ci moyennant paiement des frais de transport n’ont engrangé aucun sou, faute d’acquéreurs. Puis, pour se donner bonne contenance, on fit savoir aux gens que la fantomatique usine est en train de faire des expériences pour savoir si la noix de mangue peut-être transformée en huile et qu’il fallait prendre son mal en patience.
D’attente en attente et comme toute histoire a une fin, même les plus belles, on se rendit compte que toute cette affaire n’était qu’un conte de fée.
Dépitées, les femmes ont déversé dans la rue toutes les noix qu’elles avaient ramassées, dégradant un environnement qu’elles avaient pourtant contribué à assainir.
La morale de l’histoire est qu’à force de naïveté, on peut tomber dans des pièges grossiers.
Les femmes doivent savoir que pauvreté n’est pas vice même au temps des vaches qui meurent.
Mamadou Lamine Doumbia
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