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Une interpellation sur le quiproquo de l’année

AFFAIRE DU DEPUTE RUDOYE PAR LA POLICE

samedi 15 décembre 2007 par Dramane Aliou KONE

Les jeunes agents étaient-ils ignorants au point de ne pas savoir que le macaron désigne, en la personne qui le porte, un élu national ?

Est-ce plutôt ce dernier qui a voulu opposer son insigne à celui des policiers, commettant ainsi une erreur grave ?

Le ministre outré.. !

Cette deuxième hypothèse est bien plus probable, quand on sait que, contrairement à la police, il n’est exigé aucun niveau intellectuel, aucun diplôme, pour entrer à l’Assemblée nationale.

Or les députés, surtout illettrés, donnent à leur fonction une signification parfois excessive : ce sont eux qui font les lois, c’est donc à eux de veiller à leur bonne application, surtout quand on la viole en leur présence !

Cette façon de voir expliquerait que, dans la dernière législature, les interpellations de ministres en bambara et en français approximatif aient été les plus nombreuses.

C’est également sous ce jour qu’il faut comprendre ce qui est arrivé au nouveau député-justicier, qui dit avoir été battu à sang par des agents des forces de l’ordre, contrairement aux dires de certains témoins oculaires.

On sait qu’il a la mine sévère, mais ses yeux pétillent de bonté.

Il est aussi de ceux à qui ATT vient de faire appel pour un second service au gouvernement, au même poste : celui de la Sécurité.

Mais il ne décolérait pas hier, devant les élus nationaux, devant le constat qu’un député s’oppose aux forces de l’ordre en mission, un acte condamnable sous tous les cieux. Celui qui croit être intouchable, à cause de l’immunité parlementaire, sait-il qu’en cas de flagrant délit on peut l’arrêter et le mettre sous mandat de dépôt ?

Qu’en cas de résistance à la force publique, celle-ci peut exercer sur lui une contrainte physique ?

Du mensonge en l’air.. !

Le plus grave, pourtant, c’est lorsqu’on apprend que cet homme, parce qu’il est PDG d’une grande société de la place, croie pouvoir en imposer à tout le monde, par sa richesse et par sa fonction de député, en déformant les faits, s’il le faut.

Car des témoins ont déclaré que l’Honorable représentant du peuple n’a pas été battu, encore moins à sang, et que c’est lui-même qui a conduit sa voiture pour rentrer chez lui.

A ceux qui verraient de la politique dans ce quiproquo digne d’une farce de Molière, il faut dire que le député en question (peut-être quelque peu rudoyé tout simplement ?) appartient à l’URD, donc à un parti proche du pouvoir. La conclusion à cette triste affaire ?

Que cela n’arrive plus jamais !


 

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