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Une menace sérieuse sur le patrimoine linguistique local

RADIOS RURALES DANS LE MINIANKALA

lundi 7 janvier 2008 par Markatié Daou

Ces caractéristiques de façon globale ne semblent plus être valables pour l’ensemble des 437 radios de proximité implantées sur le territoire national. Ainsi, dans certaines localités du Miniankala (espace linguistique situé à cheval entre le cercle de Koutiala, Bla, San, Koury etc. ayant en partage la langue « Mamara » : le Minianka ), les radios privées suscitent de l’inquiétude en matière de sauvegarde de la langue vernaculaire.

A Koutiala, la capitale du coton (pour ne citer que cet exemple) les radios locales constituent une véritable menace pour la survie de la langue locale, le Minianka dans un environnement linguistique dominé par le Bambara, langue la plus parlée du pays.

Malgré l’existence de ces nombreuses radios de proximité desservant les villages du cercle et d’autres villages des cercles voisins, la promotion de la langue Minianka semble difficile. A part quelques rares radios évangéliques, les autres radios de proximité n’ont point d’émission digne de ce nom en langue locale minianka, alors que la majorité de l’auditoire ne se sent à l’aise que dans cette langue. Pire, à défaut de pouvoir inspirer leur programme de celui d’une radio bamakoise, certaines stations locales du Miniankala se contentent de rediffuser les copies enregistrées de certaines émissions des radios de la capitale. Ce complexe humiliant qui prend corps dans notre paysage radiophonique fait peser sur les langues vernaculaires une menace de disparition dans un contexte de globalisation linguistique influencé par le « fran-bamabara », un néologisme envahissant qui se distingue par l’emploi d’expressions et de mots français dans le bambara. Ce phénomène inquiétant a tendance à menacer nos langues locales dont le minianka.

Pour ce qui est de la localité de Koutiala, la menace reste constante sur l’ensemble de la culture Minianka qui est l’une des plus riches du Mali avec ses sociétés secrètes (le Kônon, le Naman, le Gnâ), ses rites d’initiations (le N’tomon, le Kori ou Kôrê ou Kôtê) ses rites de passage (le Gnirégé), ses instruments de musique (le Gnôgô), ses fêtes traditionnelles (le Nampoun) qui demeurent des écoles pour la culture de l’endurance, la patience, de l’union, de la solidarité.

Si la langue apparaît comme « le liquide amniotique », le moyen d’expression d’une culture, autant dire que l’épée de Damoclès plane sur le mamara .

Que faut-il faire pour inverser la tendance ?

C’est la question qui taraude l’esprit de nombreuses personnes du troisième âge soucieuses de l’avenir de leur patrimoine linguistique.

A bon entendeur salut !


 

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