Une opération sans opposition
lundi 12 mai 2008 par Abdoul Karim Maïga
Face à cette situation de détresse, le président de la République, Amadou Toumani Touré, avait dépêché sur le lieu du sinistre, le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné pour apporter le soutien de la Nation, comme à l’accoutumée.
C’est donc à la suite de cette visite que l’Etat a mis à la disposition des sinistrés une superficie de 95 hectares en vue de leur recasement à Yirimadio. Une zone qui sera désormais appelée Zone de recasement de Missabougou et dont la gestion a toujours engendré des problèmes. Une gestion qui a coûté la prison à certains responsables de la mairie de l’époque. Les parcelles, loin d’être distribuées entre les bénéficiaires, ont été utilisées à d’autres fins. Ainsi, plusieurs personnes qui n’étaient pas pourtant sinistrées, ont pu s’acheter des terrains en complicité avec le chef de quartier de 500.000 à 600.000FCFA pièce. Du coup, une bonne partie a pu être vendue.
Ayant constaté que la zone est en plein chantier, suite à une occupation illicite, sans aucune viabilisation ni norme d’urbanisation, la mairie a initié une série de rencontres avec les nouveaux locataires du quartier pour leur dire que ces constructions seraient démolies. Aux dires des agents de la mairie, ils ont reçu l’ordre de quitter les lieux depuis le mois de janvier dernier. Comme partout ailleurs à Bamako, les habitants des lieux ne voulaient pas l’entendre de cette oreille.
Ainsi, de concertation en concertation, ils sont parvenus à mettre en place une association dont les responsables sont vite entrés en négociation avec la mairie. Malheureusement, elles n’ont rien donné car lesdites parcelles ont été attribuées aux sinistrés de Missabougou et des victimes de la construction du Stade du 26 Mars qui réclamaient leurs terrains. Des avocats sont même intervenus, mais la mairie est restée inflexible et a décidé de n’épargner que ceux qui détenaient des notifications.
Après plusieurs programmations de démolition, dont la dernière a été reportée à la suite de la saisine par les occupants du tribunal Administratif qui les a déboutés, samedi dernier, les agents de la mairie assistés d’un nombre important de gendarmes, de policiers et de gardes, ont commencé les opérations de démolition. Pendant que les plus avertis avaient déjà évacué leurs affaires, les plus réticents ne l’ont fait que peu avant l’opération, qui n’a pas connu une grande opposition.
Il reste à trancher la question de leur recasement ou non.
Abdoul Karim Maïga
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