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« Vendre la CMDT n’est pas la solution »

COUP DE gueule

jeudi 10 juillet 2008 par Seybou KEITA

Nous la partageons parce que nous ne sommes pas d’accord avec cette politique quasi systématique de l’Etat Malien de se débarrasser d’un bien une fois que celui – ci commence à montrer des faiblesses.

Hier EDM Sa, Huicoma, pour ne citer que celles – ci et aujourd’hui, c’est la Sotelma et la CMDT qui se trouvent sur les tablettes des commerciaux maliens.

Il faut trouver preneur à ces sociétés à tout prix, quitte à jeter des millions de nos compatriotes dans la merde et à priver l’Etat d’une entreprise, classée parmi ses gros pourvoyeurs de sous. Nous disons non, parce que cette politique de débarras, déguisée en privatisation n’a jamais, du moins jusqu’à aujourd’hui, comblé tous les espoirs en elle placés par le peuple.

Qui ne se rappelle pas de l’amère expérience d’EDM SA, de l’aberration qui a suivi la vente de Huicoma au groupe TOMOTA ou encore des grincements de dents qui continuent d’accompagner la cession de la régie des chemins de fer du Mali ?

J’estime que tout le Mali a été témoin des échecs retentissants et fortement interpellatifs de ces différentes expériences.

Pourtant, on s’entête dans l’aventure et au finish, c’est toujours le même résultat : retour en arrière ou simple blocage des affaires au détriment des pauvres salariés. Pour le cas précis de la CMDT, la décision de repousser le délai, à partir duquel tout devrait être ficelé par les élus, est perçue comme une sage décision.

Mais faudrait – il se dire que ni cette décision, ni la hausse du prix du kilo de coton de 160 f à 200 f CFA, ne seraient suffisant pour calmer les ardeurs des cotonculteurs et autres partenaires de la CMDT. Ils ne voient dans cette politique de privatisation qu’une volonté ferme de l’Etat de les couper l’herbe sous les pieds. La situation est si difficile qu’à Koutiala, on n’est plus loin d’un soulèvement. Pétition et rassemblement de protestation sont organisées. Des cotonculteurs sont décidés à tourner carrément la page du coton, au moment où des promoteurs d’huileries n’arrêtent plus de pousser des cheveux blancs.

Pourtant, des partenaires financiers attendent encore que les paysans leur remboursent les quelques 350 millions de crédit au titre de la campagne 2006 - 2007.

Mais comment vont –il faire ?

2006 – 2007 a tout simplement été une catastrophe pour eux.


 

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