Vers l’adoption d’un plan d’action national
vendredi 3 octobre 2008 par Abdoulaye Diakité
Les concertations régionales sur le mariage précoce en République du Mali auront été l’occasion d’une large mobilisation sociale au niveau local qui a impliqué un important panel d’acteurs comme les maires et les chefs religieux, tous mobilisés et prêts à apporter leur contribution pour un changement du contrat social sur ce phénomène aux conséquences désastreuses pour les foyers conjugaux construits à cet effet.
De Kayes à Kidal en passant par le District de Bamako les concertations ont prouvé que cette pratique a des conséquences néfastes au plan de la santé, au plan psychologique, lesquelles constituent des entraves à l’épanouissement de la femme, donc du couple, et nous interpellent tous. Une interpellation qui nous impose désormais un changement de comportement devant nous permettre d’aller au-delà des pesanteurs socioculturelles.
Ce changement de comportement, comme il a été recommandé à notre pays lors de la 34ème session du Comité de suivi de la CEDEF tenue en 2006, doit nous amener à prendre des mesures urgentes en vue d’infléchir les comportements et modifier les us, coutumes, traditions et pratiques, qui sont néfastes et constituent des discriminations contre les femmes afin de favoriser le plein exercice de leurs droits par ces dernières, toujours victimes de mariage forcé et précoce, du gavage, du lévirat et du sororat.
Dans le même sens, le comité de Genève sur la convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) a fait des observations par rapport aux pratiques traditionnelles néfastes suite à la présentation du rapport périodique du Mali au début de l’année 2007. Il demande à l’Etat, entre autres, de prendre des mesures urgentes pour mettre en place des mécanismes juridiques pour interdire l’excision et les autres pratiques traditionnelles de mariage y compris le mariage forcé et précoce qui ont un impact très néfaste sur la santé et le bien-être des filles.
C’est en vue d’arriver à cet objectif, gage d’un développement humain durable, que s’est tenu l’atelier de Bamako qui a permis de faire la synthèse des travaux régionaux où de façon consensuelle on a pu retenir les définitions, les manifestations, les causes, les conséquences, les cas pratiques/témoignages et un plan d’action nationale sur la base des plans d’action régionaux.
Ce projet de plan d’action national sera finalisé lors de la retraite de Koulikoro selon l’approche Gestion Axée sur les Résultats (GAR). En ouvrant les travaux le mardi dernier, la ministre de la Promotion de la femme de l’enfant et de la famille, Mme Maïga Sina Damba, a fait savoir que la proportion des femmes astreintes aux obligations conjugales avant l’âge requis est l’une des plus élevées d’Afrique.
« En effet, a révélé la ministre Damba, selon EDSM 2006, les femmes maliennes entrent en union à un âge très précoce : l’âge médian des femmes en union au Mali se situe autour de 16 ans ».
Abdoulaye Diakité
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