Vers une augmentation drastique à la pompe
dimanche 22 juin 2008 par Issa Camara
Le Mali, jusqu’à ce mois de juin, était parvenu à contrôler les prix des hydrocarbures et à les maintenir à un niveau acceptable, de sorte que les prix dans notre pays étaient de loin les moins chers dans la sous région, malgré notre continentalité. Ainsi, les prix de l’essence sont de 650 FCFA le litre et le gas-oil à 570F le litre. C’est donc cet état de fait qui va certainement changer drastiquement dans les jours à venir ou alors que l’Etat utilise de gros arguments pour convaincre d’une part les opérateurs et d’autre part les institutions financières.
Selon des experts de la banque mondiale, l’Etat malien ne peut continuer à pénaliser des secteurs sociaux prioritaires en subventionnant les hydrocarbures à coup de milliards. Où alors l’Etat ramène ces subventions à des niveaux acceptables car la banque mondiale ne peut se permettre d’accorder une dérogation à l’Etat malien quand la réalité internationale est tout autre.
Du côté des opérateurs économiques du secteur des hydrocarbures, c’est la débandade. Jusque là ils avaient spéculé entre les exonérations et les prix à la pompe pour se frayer de faibles marges bénéficiaires. Mais nombre d’entre eux ont déjà jeté l’éponge, la clé sous le paillasson.
Dans le contexte de la conclave entre les différents acteurs, il est à craindre que nous nous acheminions vers une augmentation drastique des prix. D’un côté, c’est la banque mondiale qui entend limiter les subventions de l’Etat car la hausse des prix du baril continue. De l’autre côté, ce sont les opérateurs du secteur qui ont du mal à tenir les fluctuations et menaces du marché mondial.
Quelque soit l’issue des négociations en cours il y aura certainement une augmentation des prix à la pompes. Alors la préoccupation essentielle de l’Etat malien est de faire en sorte qu’elle ne soit pas importante. Le combat que mène aujourd’hui le Gouvernement malien est celui de la limitation des dégâts. A cet effet, il utilise l’argument de la crise internationale tout en brandissant ses propres efforts. Cela ne peut se faire que dans une certaine proportion.
L’argument de la banque mondiale concernant l’abandon des secteurs sociaux est une incompréhension terrible, car la menace qui plane aujourd’hui sur les gouvernements notamment d’Afrique subsaharienne, c’est celle de la cherté de la vie qui peut faire basculer à tout moment la stabilité de ces Nations. La crise internationale qui sévit de nos jours est une réalité mais que chaque pays se doit de gérer avec ses réalités propres sans conformisme. La cherté actuelle de la vie est durement ressentie par les Maliens.
C’est pourquoi, une hausse drastique des prix peut constituer un danger pour la paix sociale. Alors, que l’Etat continue ses efforts pour que s’il y a hausse, elle soit acceptable pour la majorité des maliens qui n’ont très souvent un pouvoir d’achat élevé.


